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III. Bilan





Les limites du système

Nous avons été confrontés à plusieurs problème au cours de notre projet. Notamment avec la caméra et son logiciel, auquel nous n'avions pas accès. Nous avons eu de bonnes et de mauvaises surprises.

La caméra MagicEye a été créée dans le but d’être utilisée par des personnes handicapées. Elle possède donc des avantages non négligeables pour nous :

  • La détection n’est pas gênée par les lunettes de l’utilisateur si celui-ci en porte. C’est un atout très important pour nous car la majorité des enfants de l’institut en porte.
  • Si l’utilisateur sort de la zone de traitement de la caméra, la détection est perdue, mais elle est reprise aussitôt que celui-ci se replace, sans avoir besoin de calibrer la caméra une nouvelle fois. Or beaucoup des enfants qui travailleront avec cette caméra ont tendance à beaucoup bouger, sans toujours maîtriser leurs mouvements, c’est donc encore un atout très important.
  • Le programme fonctionne même avec un seul œil. Un paramètre permet de choisir quel œil suivre si on ne veut pas suivre les deux. Les orthoptistes pourront ainsi utiliser cette fonctionnalité avec les enfants sujets au strabisme.
  • L’étape de calibrage, même si elle n’est pas parfaite, demeure assez rapide.

Nous avons été confrontés à certains défauts de la caméra. N’ayant pas d’accès au programme de traitement, nous avons essayé de résoudre au mieux ces différents problèmes :

  • La caméra ne détectait pas tous les utilisateurs. Par exemple, Marie Syoën ne l’était pas. Nous avons signalé ce défaut à l’équipe portugaise qui nous a de suite envoyé gratuitement un nouveau système de LEDs infrarouges. Le cercle de LEDs se place autour de l’objectif. Ce système doit être branché à la place des LEDs latérales, uniquement si le besoin s’en fait sentir.

Nouveau système de LEDs infrarouge

  • Un deuxième point nous a posé problème : la difficulté du calibrage. En effet, celui-ci pouvait s’avérer difficile pour les enfants, car il était même plus compliqué que certains de nos exercices. Il consiste à suivre une cible mouvante à l’écran. Nous avons contacté l’équipe portugaise à ce sujet. Ils nous ont envoyé une mise à jour du logiciel qui nous donne accès à de nouveaux paramètres de calibrage : nous pouvons ralentir et grossir la cible.
  • Le dernier problème n’est pas le moindre. En effet, nous avons été confrontés au problème d’inexactitude du calibrage. Même après réalisation de celui-ci, il demeure une erreur entre le point visé par l’utilisateur sur l’écran et celui pointé par la souris. Nous n’avons pas trouvé de réelle solution à ce problème. Cependant, nous avons décidé de tester nos exercices avec des élèves de Télécom Physique Strasbourg volontaires afin d’étudier l’erreur et de réfléchir à l’établissement d’une norme.


Tests

Pour tester notre caméra et se rendre compte de la difficulté du calibrage et de nos exercices, nous trouvions important de tester notre interface avec les principaux concernés, les enfants handicapés avec lesquels travaillent les orthoptistes.
Pour ce faire nous avons réalisés deux séries de tests :

  • Une première le 8 avril 2013 avec deux enfants : Alicia et Omar. A ce stade du projet l’interface n’étant pas terminée nous avons principalement testé le calibrage et les deux exercices jusqu’alors réalisés : exercice des cibles successives et exercice de suivi d’un tracé.
  • La deuxième le 29 avril 2013 avec deux autres enfants, Chloé et Birsu, avec lesquels nous avons enfin pu tester notre interface dans son intégralité.

Ces tests ont été très importants car ils nous ont permis de nous réconforter sur certaines choses qu’on avait réalisées mais surtout de mettre le doigt sur certains problèmes auxquels on n’avait pas pensés.

  • Concernant le système d’Eye-tracking

Deux des enfants portaient des lunettes : Alicia et Chloé. A aucun moment le port des lunettes n’a gêné la détection de leurs yeux. Le seul moment où nous avons rencontré une difficulté de détection c’était avec Alicia qui bougeait trop la tête. Elle sortait parfois du champ de vision de la caméra. Cependant dès qu’on lui demandait de remettre la tête droite ses yeux étaient alors directement re-détectés et cela sans perte de calibrage. Ceci nous a confortés dans notre choix de la caméra

  • Concernant le calibrage

Nous craignons que le calibrage soit trop difficile pour les enfants à cause de la taille et rapidité de la cible. Cependant, pour chaque enfant il s’est avéré qu’il était rapide, facile et même amusant.

  • Concernant les exercices visuels

Lors de la première série de test nous nous sommes aperçu que le curseur de la souris perturbait les enfants. En effet lorsqu’on leur demandait de suivre visuellement un tracé à l’écran il cherchait plus à fixer le curseur de la souris que le tracé. Nous avons donc décidé de retirer le curseur de tous les exercices

De plus, bien que le calibrage ne soit pas parfait et différent d’une séance à l’autre pour un même enfant, nous avons à chaque fois eu des résultats significatifs.

  • Concernant les exercices tactiles

Lors de la deuxième série de test nous avons essayé le mode tactile avec Chloé. Sur l’exercice du tracé à suivre, elle s’est trompée de sens et est repassée plusieurs fois au même endroit. Au niveau des résultats on observait une boucle ce qui montrait bien qu’elle était passé plusieurs fois au même endroit mais on n’avait aucune idée du sens dans lequel elle avait parcouru la boucle. Nous avons repris l’affichage des exercices afin de rendre compte du sens de parcours. Au niveau des tracés les résultats s’affichent maintenant progressivement.
Aussi, lors des exercices de pointages les enfants continuaient à pointer la cible tant qu’elle ne disparaissait pas. Nous avons repris l’exercice et fait disparaitre la cible dès qu’elle est atteinte pour la première fois.

  • D’un point de vue général

Les enfants ont trouvé cette nouvelle méthode de travail plus distrayant que ce dont ils avaient l’habitude jusqu’à maintenant. Pour certain enfant ce système demande une plus grande concentration.



Conclusion

Cette année de projet a été très enrichissante pour chacun d’entre nous.
En effet, nous avons non seulement appris à utiliser un nouvel outil de programmation et de création d’interface Qt, mais nous avons également découvert une grande partie du travail d’orthoptiste ainsi que toutes les notions qui vont avec.
De plus, lors de notre première rencontre, les clientes nous ont fait part de leur « rêve » sans avoir idée du travail et de la technique que cela demandait. Pour répondre au mieux à leurs attentes nous avons donc dû tout imaginer ce qui signifie faire certains choix importants (outils de développement, système d’eye tracking, exercices…), savoir être organisé et efficace mais aussi apprendre à trouver rapidement des solutions lorsque l’on rencontrait des difficultés. Nous nous sommes chacun beaucoup investi pour mener à bien et au mieux ce projet. Et finalement nous avons mis au point un système qui n’est certes pas parfait mais satisfait amplement les clientes et concrétise une bonne partie de leur rêve. On espère sincèrement qu’il pourra être amélioré par la reprise du projet.

Enregistrements occulographiques